À l'heure du thé

À l'heure du thé... pour un moment de douceur, de délicatesse et de romance...

23 juillet 2008

C'est le destin!

serendipityaffiche"Jonathan concluait que si nous voulons vivre en harmonie avec l'univers, nous devons tous avoir profondément foi en ce que les anciens appelaient le fatum et que nous nommons plus couramment: le destin."

Le dictionnaire dit à propos du destin que c'est une "loi supérieure qui semble mener le cours des événements vers une certaine fin". On dit aussi du destin que c'est: de la chance, une bonne étoile, une fatalité, un hasard, une providence. Certains disent qu'il n'y a pas de hasards. Il n'y a que le destin. D'autres appellent ce qui leur est arrivé de plus beau dans leur vie, des "heureux hasards".

C'est un peu le cas de Sara et de Jonathan dans le film Serendipity, traduit par Heureux hasards. Serendipity ne se traduit pas en français. C'est un mot qui parle d'heureuses (ou d'inattendues) trouvailles et de don à en provoquer. Il existe un article très intéressant sur l'histoire de cette expression.

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Le film est construit de façon à ce qu'il forme une boucle. Il débute à Noël, à propos d'une paire de gants et se termine un peu de la même façon, des années plus tard. Sara et Jonathan se rencontre par hasard dans un centre commercial. La situation est cocasse et amusante. Ils décident d'aller prendre un café. La connection se fait instantanément. L'atmosphère est magique, les décorations de Noël sont partout. Les lumières des rues et de la patinoire où ils se rendent sont féériques. Un peu de magie flotte dans l'air. Les "hasards" s'accumulent entre eux. C'est un signe du destin.

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Sara croit au destin et un petit signe de rien du tout la fera douter et les séparera. Jusqu'à que plusieurs années plus tard, d'autres signes les feront à nouveau penser l'un à l'autre.  Un livre, L'amour aux temps du choléra, ainsi qu'un billet de cinq dollars, seront au centre de leur destin.

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Jusqu'à quel point une rencontre inopinée peut changer notre vie? Est-ce que c'est réellement le destin? Il y a certaines choses dans la vie, certains "signes" ou rencontres qui sont tellement étranges ou qui sont si inattendues qu'on se demande parfois si ce n'était pas, justement, le destin... Si ce n'était pas déjà prévu, quelque part... C'est un peu ce dont traite cette jolie comédie romantique, remplie de coïncidences, de signes, de destins, de jolies paroles, d'image féériques, du fait de provoquer ou non les événements, des rencontres qui changent absoluement tout et qui sont inespérées. Heureux hasards est un film que j'aime revoir de temps à autres, car il me rappelle certaines choses et trouve un écho dans ma propre vie.

Et vous, avez-vous aussi votre "heureux hasard"?

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  • Heureux Hasards (V.O. Serendipity)
    Film de Peter Chelsom, 2001

Crédits photos: IMDB

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21 juillet 2008

Entre les murs de la ferme...

"Dans l'ombre, et dans un coin de la chambre, était suspendu un portrait du dernier propriétaire de la ferme, une figure franche et ouverte, avec de longs cheveux châtains et des yeux bleus. L'idée du défunt la poursuivit dans sa solitude. Elle essaya de détourner sa vue de la peinture; elle tourna le dos au panneau auquel le portrait était accroché. Mais si cette image allait quitter sa sombre toile? Elle n'était point superstitieuse, mais son existence monotone avait affaibli ses nerfs, et elle se sentait comme si elle eût été seule avec le mort. Mais si ce portrait allait prendre la forme d'un fantôme, et s'approcher d'elle? Que ferait-elle, si, en se précipitant vers la porte pour échapper à son étreinte, elle trouvait cette porte fermée, et découvrait qu'elle était emprisonnée avec cet effrayant compagnon, et si ces lèvres peintes se desserraient par miracle, et d'une voix n'ayant rien d'humain, venaient lui dire que les paroles prononcées par Agnès étaient la vérité la plus solennelle et la plus affreuse? Une sueur glacée perla en grosse gouttes sur son front pur.
-Je deviendrai folle, dit-elle, si je reste longtemps seule ici."
Le secret de la Ferme-Grise,
Mary Elizabeth Braddon, éditions Le Masque, p.56-57

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Le secret de la Ferme-Grise est un très court roman (ou une sorte de longue nouvelle, séparée en chapitres) qui donne un aperçu de l'oeuvre de Mary Elizabeth Braddon. Le lecteur entre à la Ferme-Grise lors du retour à la maison après un enterrement. Nous faisons connaissance avec les personnages et surtout, avec l'atmosphère humide et grelottante de la ferme, où tout et chacun semble cacher quelques squelettes dans son placard. Jenny entrera à la Ferme quelques années plus tard pour y vivre une existence singulière de recluse, prise entre un mari taciturne et des employés de ferme qui prennent beaucoup trop de place...FredWalker_BrokenVictuals

Tout de suite, l'atmosphère écrasante se referme sur nous et sur Jenny. On sent la pluie qui tombe sans arrêt, l'humidité maladive de la ferme aux murs de lambris de bois, les faibles feux qui se consumment dans les cheminées. On sent les regards malvenus de l'intendant qui est partout et surgit ça et là au moment où on l'attend le moins... L'écriture est raffinée, victorienne, très anglaise. L'évocation des lieux et des événements est toujours empreinte de mystère. On doute, on se questionne, et les pages défilent rapidement avant de connaître enfin, le dénouement final. Trop court. C'est probablement le seul reproche que je pourrais honnêtement faire à ce livre d'à peine 92 pages...

Crédit photo: Jimandellen

20 juillet 2008

Lady Braddon et son époque

Mary_Elizabeth_BraddonMary Elizabeth Braddon est présentée comme étant l'Agatha Christie de l'époque victorienne. Ce titre me semble légèrement incongru. Les histoires de Braddon sont bien différentes de celles de la Reine du crime. Plus raffinées, à l'atmosphère se rapprochant un peu de celle de Rebecca de Daphne DuMaurier, évoquant les grands manoirs isolés, les femmes tourmentées, les relations conjugales mystérieuses, les histoire de Mary Elizabeth me semblent plus proche du roman gothique, que des enquêtes d'Hercule Poirot. Cependant, les deux dames du crime ont en commun le travail prolifique: Mary Elizabeth publia au cours de sa vie (1835-1915) plus de quatre-vingt romans.

Ayant vécu une existence singulière pour l'époque, fille de parents divorcés, Braddon fut tour à tour actrice (sous le pseudonyme de Mary Seton), auteure de pièces de théâtre et de poèmes souvent jugés indécents, et pour finir, écrivain de romans à suspense. C'est son roman Le secret de Lady Audley, qui la fera définitivement connaître. Elle a écrit toute sa vie. Elle est devenue la conjointe de son éditeur, lui-même marié et séparé de sa femme. Lui et Mary Elizabeth ne pourront se marier que lorsque la femme légitime de son conjoint, à la santé faible et à l'esprit troublé (elle est confinée dans un asile), décède. Elle agira à titre de mère de remplacement pour les enfants du premier lit de son mari et aura avec lui six autres enfants. Entre son rôle de mère et celui d'écrivain, Mary Elizabeth prendra la direction d'un mensuel littéraire, le Belgravia. C'est en 1915 que Mary Elizabeth décède, d'une hémorragie cérébrale. Elle a alors 79 ans.

Mary Elizabeth Braddon était admirée par de grands auteurs, tels Thomas Hardy, Robert Louis Stevenson et William Thackeray. Sa vie a toutefois créée scandale à plus d'une reprise, tant sur sa façon de vivre avec son conjoint, qu'à son non-conformisme à la société victorienne. Elle a souvent été accusée de pervertir la jeunesse par ses écrits qui ne correspondaient pas à l'idée qu'on se faisait du couple et de la famille à l'époque. Il faut dire que sa propre vie était bien différente de ce qui était alors considéré comme acceptable.

La vie de Mary Elizabeth Braddon est captivante, puisque c'est une figure de proue du roman à suspense, tout en offrant un portrait de femme avant-gardiste de l'époque victorienne. Malheureusement, il n'existe aucune biographie en français sur l'auteur...

Crédits photos: Wikipedia

18 juillet 2008

Un peu d'orgueil, quelques préjugés et beaucoup d'impertinence

Orgueil_prejugesOrgueil et préjugés est probablement le roman le plus connu de Jane Austen. Il ne tourne qu'autour d'une seule question: la fougueuse Elizabeth Bennet et l'orgueilleux Mr Darcy s'aimeront-ils? S'épouseront-ils?

Publié en 1813, ce roman n'a pas prit une ride. Il est drôle, intelligent, romanesque. L'écriture est délicieuse. On plonge dans l'Angleterre sous le règne de George III, dans un petit village de campagne. Les Bennet ont cinq filles. Aucun héritier, donc pour leur domaine. Le but de Mrs. Bennet: marier ses cinq filles afin qu'elles soient bien placées et fassent des mariages intéressants du point de vue financier. Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia partent donc à la recherche d'un mari, sous soupervision d'une mère quelque peu hystérique et parfois déplacée, et d'un père original et aux réparties cinglantes. La douce et ingénue Jane vivra des déboires maritaux bouleversants pour sa nature très sensible. Elizabeth est bien la fille de son père et ne s'en laisse pas imposer. Lors d'une première demande en mariage qu'elle refuse, ses parents se querellent au sujet de son prétendant. Sa mère la trouve sotte et inconsciente de refuser un parti avec une si belle situation, étant donné la leur qui est plutôt précaire, alors que son père est entièrement du côté de sa fille. J'aime à penser que les idées de mariage d'Elizabeth ressemblent à celles de Jane Austen. J'aime croire qu'elle ne se serait jamais mariée sans amour (elle ne s'est jamais mariée, d'ailleurs, malgré une demande en bonne et due forme).

La trame d'Orgueil et préjugés est l'une des plus vieilles du monde et probablement l'une des plus reprises dans nombre de films et de livres, soit celle voulant que les apparences soient parfois trompeuses. Toute la trame du roman repose sur l'incompréhension et les apparences qui laissent suggérer autre chose que la réalité. Que ce soit la perception qu'a Lizzie de Mr.Darcy, celle que Mr. Darcy a de Jane et de Mr. Bingley, ou encore, celle du père Bennet lorsqu'il s'entretient en privé avec sa fille à la fin du roman...

Jane est mordante dans ses dialogues et égratigne la bonne société en faisant de Lizzie un personnage féminin qui prend beaucoup de place et dont les idées vont parfois à contre-courant pour l'époque. Il n'y a qu'à penser à sa conversation avec sa soeur Lydia à propos de son mariage. Cela n'intéresse pas le moins du monde Lizzie, elle préfère ne pas en parler. Sa soeur lui répond qu'elle est une femme étrange...

"-Lizzie, je ne vous ai jamais raconté mon mariage, je crois; vous n'étiez pas là quand j'en ai parlé à maman et aux autres. N'êtes-vous pas curieuse de savoir comment les choses se sont passées?
-Non, en vérité, répliqua Elizabeth; je suis d'avis que moins on en parlera, mieux cela vaudra.
-Mon Dieu! Que vous êtes étrange!" (p.304)

Son impertinence me plaît. C'est courtois, mais tranchant. Il en va de même pour nombre de commentaires de Lizzie, qui ne se fait pas d'illusion sur la nature humaine, ou sur la société qui l'entoure. C'est un vrai plaisir que d'assister à ces échanges entre les personnages.  Sa conversation privée dans le jardin, avec Lady Catherine de Bourg est délectable. Lizzie ne s'en laisse pas imposer et j'adore ça.

Peut-être y a-t-il un peu de Jane Austen en Lizzie... ?

Elizabeth Bennet était, je pense, l'héroïne préférée de Jane Austen. Jusqu'à quel point Lizzie peut représenter les idées de Jane, je ne sais pas. Une bonne partie, sans doute. Il n'y a qu'à penser à certains écrits qu'Austen envoyait à sa soeur Cassandra:

"Mrs. Hall, de Sherbourne, a mis au monde hier prématurément un enfant mort-né, à la suite, dit-on, d'une grande frayeur. Je suppose qu'elle a dû, sans le faire exprès, regarder brusquement son mari."

Acide. Surtout pour l'époque. Et pourtant, Orgueil et préjugés est l'une des plus belles histoires d'amour de tous les temps. Elle a été adaptée nombre de fois, à toutes les sauces. Elle est souvent l'histoire favorite des Janéites. Elle fait rêver et fantasmer les femmes sur un hypothétique Mr. Darcy.

Histoire d'amour romantique, critique de la bourgeoisie et de la société anglaise de l'époque, humour (parfois caustique), Orgueil et préjugés gagne à être lu et relu. C'est un roman intemporel qui, même s'il parle de bals et de mariages et se passe il y a longtemps, trouve tout de même un écho dans la société actuelle...

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17 juillet 2008

Sur le mariage...

Orgueil_prejuges"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles."

  • Orgueil & préjugés, Jane Austen
    Éditions 10/18, p.21

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15 juillet 2008

La Reine maudite

dvdmarie_antoinettemarie_antoinetteportraitLe 16 octobre 1793 Marie-Antoinette fut guillotinée. Avant sa mort, dans sa cellule de la conciergerie, c'est le moment de se remémorer sa vie et ses vingt trois ans à la cour de France. De l'arrivée de la jeune Autrichienne en France jusqu'à sa condamnation à mourir, en passant par sa vie au Palais des Tuileries, à ses frasques, sa relation avec son mari, Louis XVI et ses enfants, c'est sa vie qui nous est racontée pendant 1h30, à la façon d'un documentaire-fiction.

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Le film est monté comme une sorte de documentaire, avec un narrateur qui explique le contexte historique et ce que l'on voit à l'écran. Cette façon de faire, quoique un peu didactique, est une bonne façon, je crois, d'aborder la vie de cette célèbre Reine de France. Il permet à ceux qui, comme moi, ne connaissent pas du tout l'histoire de France, de se faire une idée de ce que pouvait être la vie à la cour. On dit que les dialogues sont tirés de la correspondance de Marie-Antoinette. Tout ce que j'ai lu au sujet de ce film indique qu'il semble respecter les événements qui se sont réellement déroulés, du moins ce qu'on en sait.

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Seul petit bémol: la révolution française est si vite abordée, qu'on ne réalise pas vraiment l'ampleur qu'elle a prise. On comprend que la foule s'est insurgée contre la Reine Autrichienne, cependant cette partie de l'histoire est rapidement occultée, pour mettre surtout l'emphase sur la vie que menaient Louis XVI et Marie-Antoinette, dans leur bulle, entre Versailles et le petit Trianon. On glisse quelques mots sur la révolution, on voit une foule déchaînée, sans plus. J'aurais apprécié que cette partie historique soit plus élaborée, car le concept est très intéressant, à mi-chemin entre le film et le documentaire.

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On en apprend beaucoup sur l'étiquette qui prévalait en France, à la cour, sur le peu d'intimité des femmes à la tête de châteaux. Accouchements, habillages, repas, tout se faisait en public, sous l'oeil attentif des autres habitants du château.

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Marie-Antoinette, la véritable histoire, est une coproduction France-Québec. La France a fournit les décors. Le Québec a offert ses comédiens. Au Québec, les comédiens ont évolués dans un grand studio sous fond vert. Les décors ont été ajoutés par la suite. Karine vanasse (Marie-Antoinette) et Olivier Aubin (Louis XVI) évoluent donc sans problème à Versailles, sans se déplacer du studio tout vert. L'effet est intéressant, puisqu'il ne se voit pas du tout à l'écran, sauf peut-être pour une scène, lorsque Marie-Antoinette est plongée dans la pénombre. Le décor derrière elle est trop clair. Autrement, toutes les images à la cour et dans le château sont tout à fait réalistes!

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Le travail qu'il y a derrière cette production est colossal, quand on pense au montage qu'il y a eu à faire pour que l'illusion d'être à versailles soit recréée. Les comédiens sont à la hauteur de leur rôle. Les images sont magnifiques. L'histoire est agréablement contée. Ce film est une excellente base à quiconque veut en apprendre plus sur cette Reine maudite.

  • marie_antoinettekarineMarie-Antoinette, la véritable histoire
    Réalisé par Francis Leclerc et Yves Simoneau
    Prix Gémeaux 2007 (meilleure biographie, meilleure musique)
    2006

Crédits photos: Télé-Québec, France2, Wikipedia

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08 juillet 2008

Quelques notes au temps de Jane

becoming_janeDès la sortie de ce cd, je me le suis procuré avec le sentiment que la musique me plairait. Comme je suis de celles qui peut accrocher sur un cd pendant très longtemps avant de passer à autre chose, cette magnifique musique d'Adrian Johnston m'accompagne en voiture depuis déjà de nombreux mois. Il est toujours dans le lecteur et dès que j'entre dans ma voiture, j'ai l'impression de voyager au temps de Jane Austen. De retrouver ces intrigues amoureuses, ces bals, ces promenades dans la nature au sortir de l'église, ces rencontres à l'heure du thé, ces liens qui se nouent et se dénouent. Bien avant de regarder le film, je m'imaginais mes propres scènes Austeniennes, à tel ou tel changement de mouvement dans la musique.

Après avoir vu le film, ce sont des bribes de scènes entre Austen et Tom Lefroy qui me reviennent, mélangées à des images sorties tout droit de mon imagination.Les déplacements en voiture deviennent alors de vraies petites bulles de plaisir... et de voyages au fil des notes.

Le cd comprend les plages suivantes:

1-First impressions
2-Hampshire
regencyaustn3-Bond Street Airs
4-The Basingstoke Assembly
5-A game of Cricket
6-Selbourne Wood
7-Lady Gresham
8-Advice from a Young Lady
9-Laverton Fair
10-To the ball
11-Rose garden
12-Mrs. Radcliffe
13-Goodbye, Mr Lefroy
14-Distant lives
15-The messenger
16-An adoring Heart
17-Runaways
18-A letter
19-The loss of Yours
20-To be apart
21-Deh Vieni Non Tardar (from 'Le nozze di Figaro' by Mozart)
22-Twenty years later
23-A last reading

Une très belle découverte!

  • Becoming Jane - Cd
    Compositeur: Adrian Johnston
    Sony Classical, 2007

Crédit photo: TeaBerry's

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05 juillet 2008

Club de lecture pour Janéites

JABC2Un club Jane Austen? J'en rêve! L'idée est très attirante. L'auteur Karen Joy Fowler en a imaginé la trame d'un roman qui m'avait intéressé à la première lecture. Puis, j'ai découvert le film. Ma relecture du livre fut un peu décevante. J'y ai décelé des maladresses dans le récit, des confusions, des personnages parfois trop effacés pour qu'on s'y attache réellement. Alors que le film... JABC3Rarement j'ai tant louangé un film au détriment d'un livre. Alors que c'est généralement l'inverse qui se produit. Mais pas dans ce cas-ci. Le film se révèle être une bonne comédie romantique, bien jouée, avec des acteurs qui incarnent très bien leurs personnages.

Jocelyn a perdu son chien. Il était toute sa vie. Prudie vit des problèmes de couple. Son mari a annulé leur voyage à Paris au profit d'un match de football. Sylvia apprend que son mari la trompe et il la quitte. Bernadette décide d'organiser un Club de lecture pour changer les idées de ses amies: un club Jane Austen, où chaque participant choisi un volume et conduit une rencontre. Allegra, la fille de Sylvia se joindra au groupe et Grigg, rencontré par hasard dans un colloque, sera invité par Jocelyn. Le groupe est donc complet. Six livres, six participants. Le club peut commencer.

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Les principaux romans de Jane Austen ponctuent les histoires d'amour qui se nouent et se dénouent au fil de cette comédie romantique rafraîchissante. Les participants lisent un des livres chaque mois en vue de leur rencontre et nous voyons au fil du temps les relations se modifier. Les personnages du film rappellent certains personnages des livres d'Austen. Jocelyn me rappelle Emma du roman du même nom, alors que Sylvia choisit de parler de Mansfield Park... son caractère se rapproche un peu de celui de Fanny qui en est la figure principale.

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Tous les personnages sont intéressants à leur façon. Jocelyn est une célibataire endurcie qui ne vit que pour ses chiens et tente de jouer les entremetteuses au détriment de sa propre vie amoureuse. Bernadette s'est mariée six fois et s'est divorcée tout autant de fois. Elle est zen et ne s'inquiète pas trop de la vie. C'est une dame sympathique, qui voit la vie avec légèreté. Sylvia est la bonne mère de famille qui a tout donné à sa progéniture et à son mari, peut-être au détriment d'elle-même? Prudie sent son mariage s'étioler. C'est une enseignante qui se sent un peu décalée face à ses élèves et qui se cherche un peu. Elle a une relation médiocre avec sa mère et celle-ci rappelle bien le rôle de la mère dans les romans d'Austen, des femmes hystériques, qui ne sont jamais à la hauteur de leur progéniture. Emily Blunt est magnifique dans le rôle de Prudie. Allegra est une jeune lesbienne exaltée, qui vit ses passions amoureuses et ses activités avec fougue et excès. Finallement, avec Prudie, Grigg est mon personnage favori. Il est bien dans sa peau. À l'aise avec lui-même, avec ses choix. Il est drôle, sympathique, amusant. C'est un tendre, un peu timide, mais intègre. Il profite de la vie. Tous les personnages sont attachants, chacun à leur manière.

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Au fil des romans et de leurs rencontres, les relations amoureuses des personnages seront modifiées. Et Jane dans tout ça? Elle plane, quelque part au-dessus de chacun de ses lecteurs et dirige en quelque sorte l'issue de leurs choix. Ses romans uniront des personnages qui n'espéraient plus rien de certaines situations.

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Le club Jane Austen est un film des plus sympathiques. Il n'est pas obligatoire d'être une Janéite pour apprécier, toutefois, on se sent vraiment en terrain connu lorsqu'on connaît bien l'univers d'Austen.

JABC1"-Du Jane Austen 24h par jour, c'est un véritable antidote! dit Bernadette
-Contre quoi? demande Prudie
-Mais la vie!"

  • The Jane Austen book club (v.f.: Le club Jane Austen)
    Un film de Robin Swicord
    Adapté d'un roman de Karen Joy Fowler
    2007

Crédits photos: IMDB

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03 juillet 2008

Vous avez du courrier

youve_got_mailnyautomne"New York à l'automne. N'est-ce pas merveilleux?"
L'espace d'un instant, je quitte mon fauteuil pour me retrouver à New York. Je traverse l'automne, l'hiver, le printemps au fil des échanges de Kathleen et de Joe. Je vis au rythme de la librairie The shop around the corner.
Vous avez un message. Quatre petits mots qui ont un pouvoir fou sur les internautes depuis l'avènement du courriel. Tout ou presque passe aujourd'hui par la toile gigantesque qu'est le net.

Vous avez un message est arrivé sur nos écrans en 1998. Le film raconte l'histoire de Kathleen Kelly, une libraire qui possède une magnifique petite librairie pour enfants, que lui a légué sa mère à son décès; et celle de Joe Fox, à la tête d'une chaîne de librairies New Yorkaises, Fox Books. Joe et Kathleen se détestent dans la vraie vie, mais échangent des courriels dans la vie virtuelle, sans savoir qui ils sont vraiment. Nous sommes témoins de leurs échanges, savoureux. Leurs conseils, leurs petites tranches de vie. Leur conversation tourne autour de petits riens, mais qui font toute l'essence de la vie. Le café, New York, le travail, leurs tristesses, leurs comportements, ceux des autres, la vie qui les entoure, tout passe à travers leurs écrits.

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La réalisatrice, Nora Ephron, a su faire revivre, à travers ce film, tout l'art délicat de la correspondance, en l'adaptant au goût du jour: le courriel. C'est aussi l'occasion de parler un peu des petites librairies indépendantes qui sont souvent implantées depuis longtemps et offrent à leurs clients un service sans pareil; versus les grandes chaînes de librairies qui attrappent les clients au vol à coup de capuccinos et de livres à prix réduits. Beaucoup de clins d'oeil sont faits à ces deux visions de la librairie. 

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Kathleen est une femme qui aime son travail, aime la compagnie de ses collègues, qui sont là depuis toujours et ont été choisis avec soin. Ce sont des amis, ils font partis de la famille en quelque sorte. L'appartement où elle vit est adorable, à son image, légèrement surrané, comme sa librairie. Elle aime la vie, les petits plaisirs et surtout, elle aime Jane Austen. Son livre préféré est Orgueil et préjugés. Comment ne pas tout de suite aimer Kathleen, une femme avec des goûts aussi sûrs!

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Joe Fox semble être le gros méchant de l'histoire, qui veut écraser la petite commerçante indépendante qu'est Kathleen. Toutefois, à travers sa vie de famille, sa relation avec son père et la vie que ce monsieur mène (qui semble parfois dépasser le fils), mais surtout, à travers sa correspondance avec Kathleen, on apprend à connaître Joe. Il fait les choses comme il croit devoir les faire, mais il a un bon fond, qu'on apprend doucement à connaître.

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Et c'est sous nos yeux que l'improbablement relation entre Joe et Kathleen naît, au fil des courriels qu'ils s'échangent...

Tom Hanks et Meg Ryan à l'écran: la magie opère toujours. Ils sont faits pour jouer ensemble ces deux-là et c'est toujours le gage d'un bon film. Celui-ci ne fait pas exception.

maya_schaper_pixyouve5C'est un film auquel je reviens souvent, comme une histoire qu'on connaît bien et qui nous réchauffe le coeur. Les décors sont beaux, la ville de New York magnifique l'automne, puis à l'approche de la fête de Noël. La librairie de Kathleen est une merveille et donne envie de s'y installer. C'est un endroit magique qui fait rêver nombre de lecteurs avec son petit cachet ancien, sa vitrine toujours bien décorée selon les saisons, ses comptoirs et ses moulures en bois. La librairie qui a servit de décor à The shop around the corner se compose en fait de deux boutiques. Une boutique de fromages (!) et d'antiquités, Maya Schaper Cheese & Antiques, dans l'Upper West Side, pour les images extérieures de la façade, et c'est d'une vraie librairie pour enfants, Books of Wonder, que la librairie de Kathleen est inspirée.

Si l'idée de suivre les traces du parcours de Joe et Kathleen vous intéresse, Lindsay l'a fait et vous propose quelques photos sur son site  (en anglais).

Finallement, je ne me lasse jamais de ce film, que j'ai dû voir des centaines de fois. Il ravit le coeur de la romantique qui sommeille en moi et de la lectrice que je suis... Amour, romance, livres, lettres et librairies ont tout pour me plaire!

youvegotmail2

  • You've got mail (v.f.: Vous avez un message)
    Réalisé par Nora Ephron, 1998
    Remake d'un film de Ernst Lubitsch paru en 1940, The shop around the corner.
    Inspiré d'une pièce de théâtre de Miklós László, La boutique au coin de la rue.

Crédits photos: City-Data, You've got mail, IMDB, The City Cook

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20 juin 2008

Lointaine sensibilité

MarioRigoniStern J'ai lu Mario Rigoni Stern par pur hasard. Je suis tombée sur son livre, Lointains hivers et je l'ai adoré. Ce matin, dans ma boîte courriel, une note m'informait de son décès, survenu le 16 juin dernier. Il avait 86 ans. J'ai eu les larmes aux yeux. Je ne l'explique pas.

Mario Rigoni Stern est Italien. Il a vécu la guerre et les difficiles marques qu'elle laisse à ceux qui en ont été les marionnettes. C'est sa sensibilité, sa poésie et sa description de la nature qui m'a tant touchée. Je me sens proche de lui, même si ma vie n'est pas du tout comme la sienne.

C'est le seul écrivain qui parle de la guerre, mais qui chante aussi la beauté de la vie, de la nature, des paysages qui nous entourent. La lecture de Lointains hivers donne envie de célébrer la vie, malgré la guerre. Son livre donne envie de mettre ses bottes et d'aller corder du bois près de la maison, puis de rentrer lire avec une bonne tasse de thé pour se réchauffer. Je n'ai pas tout lu de lui. Je m'en garde pour le futur, puisque maintenant, il ne pourra plus écrire, là où il est...

lointains_hiversVoici quelques citations (que j'ai déjà mises ailleurs, mais dont je ne me lasse pas), extraites du livre Lointains hivers,. En souvenir, en quelque sorte,  de cet auteur dont la sensibilité et l'écriture presque poétique m'a tant touchée...

"À présent, l'hiver approche de jour en jour, réveillant mille souvenirs. Ce sera comme retomber en enfance, comme écouter d'innombrables voix. [...] Aujourd'hui, dans l'eau de pluie recueillie sous les gouttières qui descendent du toit, je vois également toutes les neiges lointaines que le soleil a fait fondre et ramenées jusqu'ici."
p.8

"La neige incline à la mélancolie."
p.9

"Dans le nord du continent asiatique, de la Corée à la Sibérie, ou dans les villages reculés, au Canada, en Alaska ou en Patagonie, quand les journées sont longues, on travaille pour se préparer à affronter ces longues nuits où la Bible, Homère, Tolstoï, Shakespeare, voire Mozart, seront lus à la faible lueur d'une lampe."
p.45

"Quand le corps va bien l'esprit suit. Mais l'esprit aussi a besoin de se nourrir, et pour l'hiver qui vient préparons-nous à lire ou relire un bon livre."
p.55

  • Lointains hivers, Mario Rigoni Stern, éditions Mille et une nuits.

Crédit photo: Le monde.fr

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